Les Cosaques
Olénine, jeune aristocrate désabusé, quitte Moscou et son existence frivole pour rejoindre un régiment dans le Caucase. Là, au cœur d’un village cosaque, il découvre un monde rude et authentique, rythmé par la nature, la guerre et les traditions. Séduit par cette existence simple et par la belle Marianna, Olénine croit entrevoir une forme de salut.
Mais peut-on vraiment s’affranchir de ses origines ? Et l’amour peut-il combler un fossé culturel profond ? Dans ce roman de jeunesse, Léon Tolstoï mêle observation ethnographique, récit d’initiation et méditation sur le sens de la vie. À travers la quête intérieure d’un homme en rupture avec son milieu, Les Cosaques explore le conflit entre idéal et réalité, et l’impossible fusion entre deux univers que tout oppose.
Lettre d’une inconnue (suivi de La Ruelle au clair de lune)
Deux nouvelles de Stefan Zweig réunies autour d’un même thème : l’amour lorsqu’il devient passion, attente ou obsession.
Dans Lettre d’une inconnue, un écrivain reçoit, le jour de son anniversaire, une longue lettre d’une femme dont il ignore le nom. Elle lui révèle qu’elle l’aime depuis l’adolescence et qu’elle a construit toute son existence autour de cet amour. Ils se sont pourtant rencontrés, aimés même, mais jamais il ne l’a reconnue. Tandis qu’elle se souvient de chaque instant, de chaque geste, de chaque parole, lui a tout oublié. Une confession qui raconte aussi la solitude d’un amour vécu à sens unique.
La Ruelle au clair de lune nous entraîne dans une autre atmosphère. De passage dans une ville portuaire, un voyageur s’égare dans un quartier inconnu et assiste à une scène étrange : un homme est humilié par une femme dont il semble incapable de se détacher. Derrière cette relation se dessine peu à peu l’histoire d’un couple déchiré par le désir, la jalousie, l’argent et les blessures du passé.
À travers ces deux récits, Stefan Zweig observe les désordres de la passion et les rapports qui se nouent entre ceux qui aiment et ceux qui ne répondent pas, ou plus, à cet amour. Sans juger ses personnages, il les suit dans leurs contradictions, leurs faiblesses et leurs aveuglements, jusqu’au moment où les sentiments prennent toute la place.
Plus d’un siècle après leur publication, Lettre d’une inconnue et La Ruelle au clair de lune conservent leur force et leur acuité. Deux textes courts et intenses qui témoignent de l’attention que Stefan Zweig porte aux mouvements les plus intimes de ses personnages.
Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine suivi de La Dame de pique
Le Coup de pistolet, La Tempête de neige, Le Marchand de cercueils, Le Maître de poste et La Demoiselle-paysanne… ces cinq nouvelles composent ce récit qui dépeint la vie de gens ordinaires de la Russie impériale, leurs difficultés, leurs espoirs et leurs rêves. Elles représentent l’une des premières tentatives d’écriture en prose d’Alexandre Pouchkine. L’auteur en attribue délibérément la paternité à un personnage fictif, Ivan Petrovitch Belkine, présenté comme déjà défunt. Ce dernier aurait recueilli ces récits auprès de divers conteurs rencontrés au fil de sa vie. Ainsi, le véritable écrivain se dissimule derrière une double rangée de narrateurs imaginaires. Le résultat est à la fois profond et touchant de simplicité.
Pêcheur d’Islande
Chaque année, les marins de Paimpol quittent la Bretagne pour les mers d’Islande, entre froid, tempêtes et incertitude du retour. Parmi eux, Yann Gaos, solide pêcheur, voue sa vie à la mer. Sur la terre ferme, Gaud Mével, revenue de Paris, l’aime d’un amour discret, patient, presque interdit par la rude condition maritime.
Peu à peu, un lien naît entre eux, fragile et pudique, comme une promesse murmurée. Un engagement, un avenir, peut-être. Mais la mer, immense et souveraine, ne relâche jamais ceux qu’elle tient.
Pêcheur d’Islande est l’un des plus beaux récits maritimes de Pierre Loti, où les âmes sont aussi vastes que l’océan, et la beauté du monde se confond avec sa cruauté.
La Reine Margot
Marguerite de Valois, fille d’Henri II et épouse d’Henri IV, est-elle vraiment la même personne que la reine Margot ? Si la première est une figure historique, la seconde relève plutôt du mythe.
La littérature romantique, notamment Alexandre Dumas, l’a dépeinte comme une intrigante aux mœurs dépravées. En réalité, son véritable visage est bien différent. La reine Margot était l’une des femmes les plus cultivées et des plus « à la page » de son époque.
À l’ombre des jeunes filles en fleurs – première partie
Dans l’attente inquiète d’un dîner, au détour d’une promenade ou sous la lumière changeante d’un salon, le narrateur découvre combien chaque geste, chaque parole, révèle un monde secret. Les visages familiers se transforment, les êtres aimés s’éloignent, et déjà se dessine l’inéluctable fragilité des passions. Entre la conversation d’un diplomate à l’esprit mesuré et les visites chez ceux qui furent jadis des figures admirées, s’installe le pressentiment de la perte et le charme douloureux d’une jeunesse qui s’efface au moment même où elle s’éveille.
Mademoiselle de La Vallière
Au cours de l’histoire de France, le peuple a maudit souvent les maîtresses royales dont les prodigalités ont coûté si cher.
Les censeurs ont flétri chez les favorites leur avidité personnelle, leur soif de places pour leurs créatures, leur empire funeste sur de faibles princes qu’elles ont asservis, amollis et avilis, ou leur intrusion néfaste dans les affaires de l’État.
Aucun de ces reproches ne peut être adressé à Louise de La Vallière. Demeurée simple et discrète, modeste et désintéressée, au milieu des honneurs qu’elle ne sollicita jamais, elle n’accepta la fortune que pour ses enfants, et son influence sur Louis XIV, uniquement dictée par une douce tendresse, ne le détourna jamais de ses devoirs de roi.
Les fêtes galantes qu’il inventa pour lui plaire commencèrent de porter au loin la renommée de cette Cour de France dont la magnificence et l’éclat allaient faire l’envie et l’admiration de toute l’Europe.
Si, du point de vue de la morale pure, on peut blâmer la chute rapide de cette sage jeune fille, jamais faute ne fut humainement plus excusable, jamais plus méritoire le renoncement au monde qui l’a suivie, jamais plus dure l’expiation qu’elle voulut elle-même de son péché.
Tendre et fidèle maîtresse dont le nom évoque la radieuse jeunesse d’un grand roi, touchante victime d’un unique amour et qui mourut au monde quand elle l’eut perdu, pieuse carmélite vouée à la plus rude pénitence, c’est sous ce triple aspect que l’attachante figure de Louise de La Vallière vivra dans la mémoire des hommes.
Les Évangiles Saint Luc et Saint Jean
Les Évangiles selon saint Luc et saint Jean offrent deux perspectives uniques et profondes sur la vie et le message de Jésus-Christ. L’Évangile de Luc, écrit avec soin et précision, met en lumière la miséricorde de Dieu, l’attention portée aux pauvres et aux exclus, ainsi que l’humanité de Jésus. Celui de Jean, plus spirituel et théologique, révèle le mystère du Verbe fait chair, insistant sur l’amour, la lumière et la vie éternelle. Ensemble, ces deux récits nous invitent à entrer dans une relation vivante avec le Christ et à découvrir la profondeur de son message d’amour.
Traduction de John Nelson Darby suivant un texte revu de l’original grec
Gabrielle d’Estrées presque reine
Les rideaux de damas rouge relevés laissaient apercevoir Gabrielle, souriante et un peu intimidée, mais éblouissante dans une robe de satin noir, semée de broderies de jais, la jupe « toute huppée de blanc et chargée de tant de perles et de pierreries si reluisantes qu’elles offusquaient la lueur des flambeaux », au dire de L’Estoile. Tandis que, d’un regard d’envie, les femmes détaillaient avidement sa toilette, les hommes dévisageaient insolemment celle que les prédicateurs leur avaient dépeinte comme une créature impudique issue de l’enfer.
Mais à la voir si belle et si gracieuse, l’air si doux et si bon, les bonnes gens pensaient que son royal amant avait bien quelques excuses. Et puis, ne l’avait-elle pas rendu père d’un superbe garçon ? et il y avait cinquante ans qu’on n’avait vu roi de France donner cette preuve de virilité !
Chopin ou le poète
De Chopin, presque rien ne subsiste. Sa nature le préservait des vaines expériences et le destin a voulu en outre qu’un grand nombre de ses lettres et de ses reliques fussent brûlées dans une maison varsovienne qu’habitait sa sœur en 1863. […] Au demeurant, sa vie fut toujours si simple et si logique, qu’un peu de commentaire est nécessaire pour l’entendre, comme sur une note une appogiature la fait mieux valoir. Deux ou trois voyages exceptés, le monde extérieur a fort peu pénétré cette imagination tournée toute vers le dedans. Sa poésie est ce qu’il ajoute de possible et de chantant aux déceptions de ses journées.
Assez mal servi en amour, en amitié, en tout ce qui exige de l’aveuglement ou un excès de pédale, ce souffreteux lucide ne s’est regardé que dans un seul miroir : l’ébène de son piano.
La Vie amoureuse de Murat
Alors comme tout s’explique si l’on admet que la vie héroïque de Murat fut l’humble et effrénée servante de « sa vie amoureuse » ! Il n’y a plus d’incohérence. Tout devient logique et justifie la devise qu’il fit flotter sur son pavillon amarante, au-dessus du palais grand-ducal de Berg : « Dieu, la Gloire et les Dames ». Tout s’enchaîne.
Il se battit en paladin pour gagner une couronne à celle qu’il aimait. Il fut ingrat envers son Empereur et infidèle à sa patrie, pour conserver à Caroline le royaume qu’il lui avait donné, comme aussi pour lui laisser un souvenir impérissable, jugeant que c’était trop peu de mourir, il commanda sa mort !…
Marie Walewska
L’Empereur ôte son chapeau, et, se penchant vers la dame commence à lui parler ; mais elle, comme inspirée, éperdue et affolée par les sentiments qui l’agitent, dans une sorte de transport, dit-elle elle-même, ne lui laisse point achever sa phrase. « Soyez le bienvenu, mille fois le bienvenu sur notre terre ! s’écrie-t-elle. Rien de ce que nous ferons ne rendra d’une façon assez énergique les sentiments que nous portons à votre personne, ni le plaisir que nous avons à vous voir fouler le sol de cette patrie qui vous attend pour se relever ! »
Elle voulait sauver la Pologne. Elle ne réussit qu’à tomber amoureuse de Napoléon, et à lui donner son premier enfant.
CHÉOPS JE SUIS L’ÉTERNITÉ
Un roman choral au cœur de l’Égypte antique.
Des sables du désert égyptien, un roman historique émerge, portant le titre évocateur : Chéops, je suis l’éternité. Fruit de la collaboration exceptionnelle entre deux égyptologues, Zahi Hawass, archéologue égyptien et ancien Ministre des Antiquités, et Véronique Verneuil, égyptologue française, cette œuvre se présente comme un péplum dans les arcanes de la vie du pharaon emblématique Chéops.
Né il y a 4600 ans, Chéops s’élève au rang de légende en tant que bâtisseur de la Grande Pyramide de Giza, l’une des Merveilles du monde antique. Un périple de 30 ans, au cours duquel se dessine l’épopée de la construction de ce monument colossal, à une époque où le fer, la roue et les chevaux demeuraient inconnus.
Au cœur de ce roman, se dévoile une saga familiale, celle de Chéops. Tout en décrivant la construction de la pyramide, les auteurs explorent les vies entrelacées des hommes et des femmes qui ont contribué, chacun à leur manière, à l’édification de ce chef-d’œuvre monumental. Paysans, scribes, marins, boulangers, brasseurs, artisans, carriers et bâtisseurs, tous, tout comme les architectes, ont apporté leur pierre, réelle ou symbolique, à la grandeur de la pyramide. Tous, comme leur pharaon, sont obsédés par la mort et se lancent dans une folle course à l’immortalité, lui avec pour gage d’une renaissance solaire sa pyramide, eux, dans la mouvance d’une démocratisation religieuse qui autorise à chacun de se faire construire une tombe.
Au-delà de l’épopée architecturale, le roman offre un regard unique sur la vie quotidienne au temps des pyramides. Entre méritocratie, ascension sociale, et les ombres de la corruption, le récit nous transporte dans une fresque sociale où chaque personnage exprime ses pensées à la première personne.
Au cœur de cette fresque, s’épanouit une love story fusionnelle entre Chéops, animal politique à sang froid, et Hénoutsen, la jeune paysanne qui deviendra reine d’Égypte. Une relation qui transcende les barrières sociales et politiques, ajoutant une dimension humaine à cette saga monumentale.
L’œuvre rend également hommage à l’inventivité et au génie humain qui ont permis la réalisation de cette prouesse architecturale. Les pages du roman dévoilent les réflexions profondes sur l’exercice du pouvoir, soulignant que les stratégies politiques demeurent inchangées à travers les siècles.
Cependant, le mystère plane toujours. Où Chéops a-t-il été enterré avec son fabuleux trésor ?
Chéops, je suis l’éternité vous offre ainsi un voyage captivant dans l’Égypte antique, mêlant habilement réalité historique et imagination romanesque, tout en soulevant des questionnements intemporels sur le pouvoir, l’amour et la destinée humaine.
Contes et nouvelles
Monsieur Prokhartchine
La logeuse, suivi de deux histoires
L’honnête voleur
Le moujik Maréï
La timide
Le crocodile
La centenaire
Plongez dans l’univers de Fédor Dostoïevski avec ce recueil qui vous transportera dans une Russie empreinte de mystère, d’émotions et de profondeur. Découvrez ou redécouvrez ces histoires intemporelles qui explorent avec finesse les complexités de la nature humaine et invitent à réfléchir sur les questions éternelles qui nous animent.
Stefan Zweig
À travers sa plume, Stefan Zweig a révélé la vie intime et les secrets des grandes figures historiques. De Magellan à Marie Stuart en passant par Joseph Fouché, Zweig a dépeint ces personnages illustres avec une empathie remarquable, dévoilant leurs triomphes et leurs tragédies.
Dans ses biographies, Zweig a transcendé les faits historiques pour se concentrer sur la psychologie de ses sujets, leur donnant une profonde dimension humaine. Ces récits magistralement narrés dévoilent les aspirations, les dilemmes et les passions qui ont façonné la destinée de ces personnalités.
Au-delà des faits, Zweig explore leurs émotions, leurs doutes et leurs espoirs, offrant ainsi une perspective intime sur ces personnages historiques.
La vie amoureuse de Casanova
« Volontairement, j’ai négligé ici toute ta vie d’aventurier, tout ce qui ne fut pas ton existence d’amant et dans cette existence d’amant, si remplie que sur tes huit volumes de mémoires, elle en occupe plus de sept trois quarts, je n’ai pu m’arrêter que sur certaines silhouettes, me pencher longuement que sur quelques âmes. Celles qui ne furent dans ta vie qu’un prénom, écrit sur une glace d’hôtel, à la pointe d’un diamant, je ne pouvais les ressusciter toutes ! J’ai choisi les principales, non peut-être celles que tu as préférées, mais celles qui me paraissaient le mieux éclairer ta vie amoureuse, nous restituer ton cœur si riche et si fuyant ! »
(M. Rostand)
Marie Walewska
L’Empereur ôte son chapeau, et, se penchant vers la dame commence à lui parler ; mais elle, comme inspirée, éperdue et affolée par les sentiments qui l’agitent, dans une sorte de transport, dit-elle elle-même, ne lui laisse point achever sa phrase. « Soyez le bienvenu, mille fois le bienvenu sur notre terre ! s’écrie-t-elle. Rien de ce que nous ferons ne rendra d’une façon assez énergique les sentiments que nous portons à votre personne, ni le plaisir que nous avons à vous voir fouler le sol de cette patrie qui vous attend pour se relever ! »
Elle voulait sauver la Pologne. Elle ne réussit qu’à tomber amoureuse de Napoléon, et à lui donner son premier enfant.
