Paul Cézanne
Cézanne n’est pas plus fait pour être compris des multitudes que la fleur et le fruit pour remplir les fonctions des branches qui les soutiennent et du tronc qui les nourrit. Il déclarait que « l’artiste ne s’adresse qu’à un nombre excessivement restreint d’individus ». Et s’il est un symptôme social, il ne l’a ni désiré, ni su. Il n’avait rien d’un « primaire ». Il ne croyait pas que la raison fût à la fois le but et le moyen du monde. S’il y eut jamais un être en qui l’instinct commandait au raisonnement et forçait le raisonnement à organiser les révélations de l’instinct, c’est bien ce peintre formidable qui marchait en halluciné par la vie, se frayant un passage pénible dans l’amas des couleurs et des formes qui se pressaient autour de lui.
Eugène Delacroix
Des peintres qui sont la gloire de l’art français, Delacroix est de ceux qui eurent le plus à subir les injures, les railleries des artistes, de la critique et du public. Contre lui se liguèrent les peintres sans talent, sans foi, sans amour […]. Contre lui se déchaînèrent les fureurs des critiques d’art qui, à quelques exceptions près, ont toujours fait preuve de pédantisme et d’ignorance. […]
Triste sort que celui des grands artistes ! Méconnus de leur vivant, il faut que le Temps passe sur leur œuvre, que plusieurs générations se succèdent, avant que la Renommée leur accorde la place à laquelle ils ont droit parmi leurs pairs.
Vincent Van Gogh
Théodore Duret analyse avec précision l’évolution artistique de Vincent Van Gogh, mettant en lumière ses innovations, ses techniques, ainsi que ses dessins et son œuvre littéraire. Au-delà de la dimension biographique, le texte se distingue par la perspicacité d’un critique d’art qui peut être considéré comme le plus éminent de son époque. De nombreux aspects de ce texte, écrit juste quelques décennies après le décès de l’artiste, se révèlent avec le recul comme prophétiques. Une biographie de référence sur Vincent Van Gogh.
