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La Reine Margot

Portrait dessiné d’une femme de la Renaissance, au visage pâle et aux traits fins, coiffée d’un bonnet orné de perles et portant une large collerette de dentelle, sur fond clair au rendu ancien. Des bandeaux orange comportant le titre du livre sont superposés à l’image : La Reine Margot, de Maurice Donnay, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 25).

Marguerite de Valois, fille d’Henri II et épouse d’Henri IV, est-elle vraiment la même personne que la reine Margot ? Si la première est une figure historique, la seconde relève plutôt du mythe.
La littérature romantique, notamment Alexandre Dumas, l’a dépeinte comme une intrigante aux mœurs dépravées. En réalité, son véritable visage est bien différent. La reine Margot était l’une des femmes les plus cultivées et des plus « à la page » de son époque.

Mademoiselle de La Vallière

Au cours de l’histoire de France, le peuple a maudit souvent les maîtresses royales dont les prodigalités ont coûté si cher.
Les censeurs ont flétri chez les favorites leur avidité personnelle, leur soif de places pour leurs créatures, leur empire funeste sur de faibles princes qu’elles ont asservis, amollis et avilis, ou leur intrusion néfaste dans les affaires de l’État.
Aucun de ces reproches ne peut être adressé à Louise de La Vallière. Demeurée simple et discrète, modeste et désintéressée, au milieu des honneurs qu’elle ne sollicita jamais, elle n’accepta la fortune que pour ses enfants, et son influence sur Louis XIV, uniquement dictée par une douce tendresse, ne le détourna jamais de ses devoirs de roi.
Les fêtes galantes qu’il inventa pour lui plaire commencèrent de porter au loin la renommée de cette Cour de France dont la magnificence et l’éclat allaient faire l’envie et l’admiration de toute l’Europe.
Si, du point de vue de la morale pure, on peut blâmer la chute rapide de cette sage jeune fille, jamais faute ne fut humainement plus excusable, jamais plus méritoire le renoncement au monde qui l’a suivie, jamais plus dure l’expiation qu’elle voulut elle-même de son péché.
Tendre et fidèle maîtresse dont le nom évoque la radieuse jeunesse d’un grand roi, touchante victime d’un unique amour et qui mourut au monde quand elle l’eut perdu, pieuse carmélite vouée à la plus rude pénitence, c’est sous ce triple aspect que l’attachante figure de Louise de La Vallière vivra dans la mémoire des hommes.

Gabrielle d’Estrées presque reine

Les rideaux de damas rouge relevés laissaient apercevoir Gabrielle, souriante et un peu intimidée, mais éblouissante dans une robe de satin noir, semée de broderies de jais, la jupe « toute huppée de blanc et chargée de tant de perles et de pierreries si reluisantes qu’elles offusquaient la lueur des flambeaux », au dire de L’Estoile. Tandis que, d’un regard d’envie, les femmes détaillaient avidement sa toilette, les hommes dévisageaient insolemment celle que les prédicateurs leur avaient dépeinte comme une créature impudique issue de l’enfer.
Mais à la voir si belle et si gracieuse, l’air si doux et si bon, les bonnes gens pensaient que son royal amant avait bien quelques excuses. Et puis, ne l’avait-elle pas rendu père d’un superbe garçon ? et il y avait cinquante ans qu’on n’avait vu roi de France donner cette preuve de virilité !

La Reine Margot

Couverture du livre en grands caractères La reine Margot de Maurice Donnay

Marguerite de Valois, fille d’Henri II et épouse d’Henri IV, est-elle vraiment la même personne que la reine Margot ? Si la première est une figure historique, la seconde relève plutôt du mythe. La littérature romantique, notamment Alexandre Dumas, l’a dépeinte comme une intrigante aux mœurs dépravées. En réalité, son véritable visage est bien différent. La reine Margot était l’une des femmes les plus cultivées et des plus « à la page » de son époque.
« Femme à la page, est-ce qu’elle ne l’était pas par excellence pour son temps, cette reine Margot, cultivée, spirituelle, audacieuse, fine diplomate, se plaisant à l’aventure et se moquant du qu’en dira-t-on, sensuelle et femme de lettres ? Et qui lira l’histoire de sa vie, de ses multiples aventures, pourra-t-il s’étonner qu’elle ait passionné l’auteur de la Chasse à l’homme ! » (extrait de la préface de Claude Gével)