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Madame de Montespan – Grandeur et décadence d’une favorite

Portrait peint d’une femme du XVIIᵉ siècle, aux cheveux longs et bouclés, portant une robe élégante richement ornée et un collier de perles, la main posée près du visage, sur fond sombre. Des bandeaux rouges comportant le titre du livre sont superposés à l’image : Madame de Montespan. Grandeur et décadence d’une favorite, de L. Col. Henri Carré, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 16).

Au milieu d’un brouhaha d’aimables conversations, on attendait l’ouverture du nouveau ballet : Hercule amoureux, divertissement où le jeune roi devait se produire, ainsi qu’il le faisait chaque hiver, dans les ébats chorégraphiques où il excellait.
La brillante assemblée ne fut point déçue. Sous les costumes éblouissants de Mars et du Soleil, le monarque recueillit des applaudissements unanimes, en dansant « avec la grâce ordinaire inséparable de toutes ses actions », selon la formule des chroniqueurs du temps.
Parmi les filles de la meilleure noblesse qui figuraient dans l’une des entrées, sous les princiers atours de la famille impériale d’Autriche, on remarqua, à côté de Mlle de Rohan et de la duchesse de Sully, une ravissante blonde aux yeux bleus vifs et spirituels : Mlle de Tonnay-Charente, Françoise de Mortemart.
[…]
Celle qui attirait ainsi les regards, la future marquise de Montespan, entrait alors dans sa vingt-deuxième année.

Marie-Antoinette – partie 1

Couverture du livre en grands caractères Marie-Antoinette - partie 1 - par Stefan Zweig

Marie-Antoinette n’était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d’héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie. Mais l’Histoire, ce démiurge, n’a nullement besoin d’un personnage central héroïque pour échafauder un drame émouvant.
[…] Avec un réalisme mélodramatique, cette tragédie met en présence les oppositions les plus violentes ; elle pousse Marie-Antoinette d’un palais impérial aux cent salons dans une misérable geôle, du carrosse doré sur la charrette du bourreau, du trône sur l’échafaud ; elle la jette du luxe dans l’indigence ; d’une femme jouissant de la faveur générale et partout acclamée, elle fait un objet de haine sur qui s’abat la calomnie ; bref elle l’entraîne toujours plus bas, sans pitié, jusqu’au suprême abîme. Et cet être petit et médiocre, soudainement assailli dans sa nonchalance, ce cœur étourdi ne comprend pas ce que lui veut cette force étrangère ; il sent seulement qu’une dure poigne le pétrit, qu’une griffe brûlante s’enfonce dans sa chair torturée ; inaccoutumé à la souffrance, la craignant, il ne se doute de rien, se débat, gémit, cherche à s’échapper. (S. Zweig)