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Trois maîtres. Balzac, Dickens, Dostoïevski

Illustration représentant trois hommes barbus du XIXᵉ siècle, vêtus de costumes sombres, présentés sous forme de portraits rapprochés, avec des expressions sérieuses, sur un fond clair. Des bandeaux vert olive comportant le titre du livre sont superposés à l’image : Trois maîtres. Balzac, Dickens, Dostoïevski, de Stefan Zweig, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 18).

Bien qu’ils aient été écrits dans une période qui s’étend sur dix ans, ce n’est pas le hasard qui réunit en un seul volume ces trois essais, consacrés à Balzac, Dickens et Dostoïevski. Un projet unitaire vise à montrer les trois grands et, à mon sens, les seuls romanciers du XIXe siècle comme des « types » qui, précisément à cause des contrastes entre leurs personnages, se complètent et, peut-être, élèvent le concept de romancier, de créateur épique d’un monde au niveau d’une forme distincte. […]
Chacun de ces artistes façonne une « loi de la vie », une conception de la vie à travers la multitude de ses personnages, dans une perspective si unitaire qu’il est en fait à l’origine d’une nouvelle forme du monde. Montrer cette loi secrète, cette genèse des personnages dans son unité cachée, c’est ce que j’ai tenté de faire dans mon livre, qui pourrait porter comme sous-titre : Psychologie du romancier. (Stefan Zweig)

Oscar Wilde

Que n’a-t-on pas dit sur Oscar Wilde !
Les calomnies, les injures, les anathèmes des uns se sont entre­choqués avec les louanges, les marques d’estime des autres qui rendaient justice à cette âme d’élite. Et il semble qu’il en est résulté un cliquetis confus où s’égare la personnalité même du poète.
On ne connaît rien, ou presque rien de la vie d’Oscar Wilde, de cette vie heureuse où il fut célèbre, où il connut le succès, de cette période trop brève malheureusement qui précéda le calvaire que devaient être pour lui les cinq dernières années de son existence.
Peut-être ne sera-t-il pas sans intérêt d’essayer de combler cette lacune.

Tolstoï

Couverture du livre en grands caractères Tolstoï par Stefan Zweig

Traduit de l’allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac

Pendant trente ans, de sa vingtième à sa cinquantième année, Tolstoï a vécu, dans la création de ses œuvres, insouciant et libre. Pendant trente ans, de sa cinquantième année jusqu’à son trépas, il ne vit plus que pour comprendre et connaître le sens de la vie, luttant avec l’insaisissable, enchaîné à l’inaccessible. Sa tâche a été facile jusqu’au jour où il s’est donné cette formidable mission : sauver, non seulement sa propre personne, mais encore toute l’humanité, par sa lutte pour la vérité. Avoir entrepris cette mission fait de lui un héros – presque un saint. Y avoir succombé en fait le plus humain de tous les hommes.

Émile Zola

Couverture du livre en grands caractères Émile Zola de Victor Méric

Avant de se pacifier dans l’immortalité, la destinée d’Émile Zola aura été étrangement tourmentée. Comme tous les hommes de génie – surtout les hommes d’un génie rude, tenace et humain, – Zola a créé, toujours, autour de lui, de la tempête. Il n’est pas étonnant que la bourrasque souffle encore.
« Son œuvre fut décriée, injuriée, maudite, parce qu’elle était belle et nue, parce qu’au mensonge poétique et religieux elle opposait l’écla­tante, saine, forte vérité de la vie, et les réalités fécondes, construc­tives de la science et de la raison. » (Octave Mirbeau)

Suivi de J’accuse… ! article rédigé par Émile Zola, publié dans L’Aurore du 13 janvier 1898