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Les Heures étoilées de l’humanité

De telles heures, d’une grande concentration dramatique, porteuses de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure, et souvent en une seule minute, sont rares dans la vie d’un individu, et elles sont rares tout au long de l’Histoire. J’essaie de faire revivre ici quelques-unes de ces heures survenues aux époques et dans les contrées les plus diverses et qui, semblables à des étoiles, brillent d’un éclat immuable au-delà de la nuit de l’oubli. (Stefan Zweig)
 

Les Templiers

À l’aube du XIVe siècle, l’Ordre du Temple est à son apogée : riche, puissant, redouté. Mais son destin bascule lorsqu’un pacte secret unit Philippe le Bel et le futur pape Clément V. Commence alors l’un des procès les plus célèbres de l’histoire, où se mêlent accusations d’hérésie, soupçons de complots et aveux arrachés sous la torture.
Ce récit retrace l’ascension des Templiers, leur idéal de guerre sainte hérité de saint Bernard, leurs privilèges extraordinaires et leur chute brutale, frappés par la raison d’État et la convoitise royale. Il éclaire aussi la part de légende et de mystère qui continue d’entourer cet ordre mythique, de ses rites secrets aux rumeurs d’idolâtrie.
Un texte d’histoire vivant et documenté, qui restitue toute la tension politique et spirituelle de ce drame médiéval et interroge la frontière entre foi, pouvoir et justice.

Eaux Printanières

À l’aube de sa vie d’adulte, Dmitri Sanine, jeune aristocrate russe en voyage à Francfort, tombe éperdument amoureux de Gemma, une jeune vendeuse italienne. L’ardeur de ce premier amour semble pouvoir balayer les conventions et les hésitations. Mais au seuil du bonheur, surgit une femme envoûtante, plus mûre, qui bouleverse ses certitudes et l’entraîne vers un choix irréversible.
Des années plus tard, Sanine replonge dans le souvenir de ce printemps lointain, entre ivresse du cœur et regrets silencieux.
Roman de la jeunesse perdue et des illusions brisées, Eaux printanières mêle la délicatesse psychologique à une profonde mélancolie. Ivan Tourgueniev y déploie, avec une grâce subtile, toute la musique du cœur humain.

Amok ou le fou de malaisie

Vue peinte d’un port d'Asie animé avec des bateaux amarrés au premier plan, des constructions industrielles sur la rive et une ville qui s’étend à l’arrière-plan, sous un ciel clair aux tons chauds. Des bandeaux orange comportant le titre du livre sont superposés à l’image : Amok ou le fou de Malaisie, de Stefan Zweig, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 20).

Sur un paquebot qui le ramène vers l’Europe, le narrateur croise, en pleine nuit, un passager solitaire et troublé. Le lendemain, cet inconnu lui propose un verre et lui demande de l’écouter. Commence alors une confession, rythmée par les coups de l’horloge, qui le plonge dans l’univers mental d’un médecin colonial hanté par une passion irrésistible.
Pris au piège du désir et de l’orgueil, il a commis un geste insensé. Depuis, la honte et la culpabilité l’entraînent dans une course sans retour, comparable à l’« amok », cette crise de fureur meurtrière que rien n’arrête.
Zweig installe un huis clos mental d’une rare intensité. Dans la moiteur de l’Asie coloniale, il observe la violence des pulsions, le poids de la solitude et les failles intimes de son protagoniste.

Louis II de Bavière

Portrait photographique colorisé d’un jeune homme aux traits fins, aux cheveux ondulés coiffés avec soin, vêtu d’un costume clair avec cravate et gilet, regard tourné légèrement sur le côté, sur fond neutre. Des bandeaux gris comportant le titre du livre sont superposés à l’image : Louis II de Bavière, de Jacques Bainville, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 25).

Louis II de Bavière a suscité une abondante littérature, nourrie par son goût pour le rêve, son isolement et sa relation à l’art. Poètes, romanciers et penseurs ont vu en lui un souverain hors du temps, entre mélancolie, orgueil et retrait du monde. Certains, comme Verlaine, en ont fait un martyr de l’idéal ; d’autres, comme Maurice Barrès, ont souligné les limites de sa sensibilité. Roi de l’imaginaire, figure romanesque plus que politique, Louis II reste un personnage ambivalent, à la fois fasciné par Wagner et détaché des réalités. Son destin continue de nourrir la mémoire collective.

Trois maîtres. Balzac, Dickens, Dostoïevski

Illustration représentant trois hommes barbus du XIXᵉ siècle, vêtus de costumes sombres, présentés sous forme de portraits rapprochés, avec des expressions sérieuses, sur un fond clair. Des bandeaux vert olive comportant le titre du livre sont superposés à l’image : Trois maîtres. Balzac, Dickens, Dostoïevski, de Stefan Zweig, publié par rueLaplace éditions, livre en grands caractères (typographie Luciole, corps 18).

Bien qu’ils aient été écrits dans une période qui s’étend sur dix ans, ce n’est pas le hasard qui réunit en un seul volume ces trois essais, consacrés à Balzac, Dickens et Dostoïevski. Un projet unitaire vise à montrer les trois grands et, à mon sens, les seuls romanciers du XIXe siècle comme des « types » qui, précisément à cause des contrastes entre leurs personnages, se complètent et, peut-être, élèvent le concept de romancier, de créateur épique d’un monde au niveau d’une forme distincte. […]
Chacun de ces artistes façonne une « loi de la vie », une conception de la vie à travers la multitude de ses personnages, dans une perspective si unitaire qu’il est en fait à l’origine d’une nouvelle forme du monde. Montrer cette loi secrète, cette genèse des personnages dans son unité cachée, c’est ce que j’ai tenté de faire dans mon livre, qui pourrait porter comme sous-titre : Psychologie du romancier. (Stefan Zweig)

Histoire d’Édouard Manet et de son œuvre

C’est que l’œuvre de Manet ne doit pas seulement la place qu’elle prend à la valeur individuelle de son auteur, son importance s’accroît, comme comprise dans un grand mouvement de rénovation accompli, qui l’emporte avec lui. L’art français s’est en effet profondément transformé, dans la seconde moitié du XIXe siècle et en grande partie sous l’action de Manet. […] Manet, en 1863, avec Le Déjeuner sur l’herbe et, en 1865, avec Olympia, introduisait des êtres appartenant à la vie réelle, en opposition à l’art traditionnel. Manet était essentiellement un citadin, l’homme d’une culture raffinée et ce qu’il apportait était la peinture de la réalité, prise à l’ambiance parisienne. Il apportait surtout, comme élément de profonde transformation, une vision nouvelle, une manière audacieuse de juxtaposer les tons et les couleurs, dans leur éclat.

Les Heures étoilées de l’humanité

De telles heures, d’une grande concentration dramatique, porteuses de destin, où une décision capitale se condense en un seul jour, une seule heure, et souvent en une seule minute, sont rares dans la vie d’un individu, et elles sont rares tout au long de l’Histoire. J’essaie de faire revivre ici quelques-unes de ces heures survenues aux époques et dans les contrées les plus diverses et qui, semblables à des étoiles, brillent d’un éclat immuable au-delà de la nuit de l’oubli. (Stefan Zweig)

Nietzsche

Nietzsche n’est pas seulement le penseur du relativisme et de l’amoralisme. Il est aussi l’incarnation vivante de sa propre philosophie, une « danse autour de l’abîme » où chaque pas est un défi à la morale établie, chaque geste une recherche éperdue de connaissances et de nouveauté, quitte à sacrifier ses amitiés les plus chères.
Stefan Zweig réussit à capturer l’essence de cet esprit en perpétuelle ébullition dans ce corps malade, illustrant brillamment comment la vie et l’œuvre de Nietzsche sont indissociablement liées. Par ce récit, l’auteur ne dévoile pas seulement le philosophe mais aussi l’homme derrière la pensée, offrant une réflexion sur la beauté et la tragédie de l’existence.

Tolstoï

Couverture du livre en grands caractères Tolstoï par Stefan Zweig

Traduit de l’allemand par Alzir Hella et Olivier Bournac

Pendant trente ans, de sa vingtième à sa cinquantième année, Tolstoï a vécu, dans la création de ses œuvres, insouciant et libre. Pendant trente ans, de sa cinquantième année jusqu’à son trépas, il ne vit plus que pour comprendre et connaître le sens de la vie, luttant avec l’insaisissable, enchaîné à l’inaccessible. Sa tâche a été facile jusqu’au jour où il s’est donné cette formidable mission : sauver, non seulement sa propre personne, mais encore toute l’humanité, par sa lutte pour la vérité. Avoir entrepris cette mission fait de lui un héros – presque un saint. Y avoir succombé en fait le plus humain de tous les hommes.

Érasme, grandeur et décadence d’une idée

Couverture du livre en grands caractères Érasme Grandeur et décadence d’une idée par STEFAN ZWEIG

Traduit de l’allemand par Alzir Hella

Érasme a aimé beaucoup de choses qui nous sont chères : la poésie et la philosophie, les livres et les œuvres d’art, les langues et les peuples, et, sans faire de différence entre les hommes, l’humanité tout entière, qu’il s’était donné pour mission d’élever mo­ra­lement. Il n’a vraiment haï qu’une seule chose sur terre, parce qu’elle lui semblait la négation de la raison : le fanatisme. […] Érasme voyait dans l’intolérance le mal héréditaire de notre société.

Eugène Delacroix

Couverture du livre en grands caractères Eugène Delacroix par Maurice Robin

Des peintres qui sont la gloire de l’art français, Delacroix est de ceux qui eurent le plus à subir les injures, les railleries des artistes, de la critique et du public. Contre lui se liguèrent les peintres sans talent, sans foi, sans amour […]. Contre lui se déchaînèrent les fureurs des critiques d’art qui, à quelques exceptions près, ont toujours fait preuve de pédantisme et d’ignorance. […]
Triste sort que celui des grands artistes ! Méconnus de leur vivant, il faut que le Temps passe sur leur œuvre, que plusieurs générations se succèdent, avant que la Renommée leur accorde la place à laquelle ils ont droit parmi leurs pairs.

Louis II de Bavière

Couverture du livre en grands caractères Louis II de Bavière par Jacques Bainville

Il est peu de figures qui prêtent davantage à la légende et au roman que celle du malheureux roi de Bavière. […]
Le roi de Bavière et sa vie tourmentée n’ont pas cessé de parler à l’imagination des hommes. Ses châteaux reçoivent toujours des visiteurs. Louis II n’a pas eu tort d’élever des palais où se fixe la curiosité. Sinon, sa cousine, la tragique Élisabeth d’Autriche, eût bien pu effacer son souvenir. Comme la sensibilité de l’Impératrice est plus douloureuse et plus profonde que la sienne ! Et quelle rivale pour notre artiste manqué ! […]
Son bonheur voulut seulement que des noms illustres, des événements historiques fussent mêlés à sa vie. Il a eu Wagner. Il a traversé 1870 et la fin de la vieille Allemagne. C’est pourquoi toute une cour de romanciers et de poètes a pu broder une auréole au Néron bavarois.

La Vie amoureuse de Murat

Couverture du livre en grands caractères La Vie amoureuse de Murat de Gustave Guiches

Alors comme tout s’explique si l’on admet que la vie héroïque de Murat fut l’humble et effrénée servante de « sa vie amoureuse » ! Il n’y a plus d’incohérence. Tout devient logique et justifie la devise qu’il fit flotter sur son pavillon amarante, au-dessus du palais grand-ducal de Berg : « Dieu, la Gloire et les Dames ». Tout s’enchaîne.
Il se battit en paladin pour gagner une couronne à celle qu’il aimait. Il fut ingrat envers son Empereur et infidèle à sa patrie, pour conserver à Caroline le royaume qu’il lui avait donné, comme aussi pour lui laisser un souvenir impérissable, jugeant que c’était trop peu de mourir, il commanda sa mort !…

La Vie de Franz Liszt

Couverture du livre en grands caractères La Vie de Franz Liszt par Guy de Pourtalès

Malgré notre incroyance, nos sécheresses, nous restons charmés par toute harmonie un peu passionnée et inconsolables quand nous craignons d’avoir perdu l’amour. Un certain romantisme du cœur s’impose toujours comme l’ordre intellectuel le plus raffiné. Or Liszt a eu beaucoup d’amours, mais l’ordre qui domine son œuvre comme il commande sa vie est la poursuite d’un idéal. Si ce mot fait sourire, peu importe. Lorsque la princesse de Wittgenstein, vieille et laide comme une chouette, lui disait en lui reprochant ses tardives aventures : « cela gâtera votre biographie », nous sentons bien que Liszt a dû sourire aussi.