Louis Pasteur
Louis Pasteur a profondément transformé la science et la médecine. Ses découvertes sur la fermentation, la dissymétrie moléculaire, la vaccination contre la rage ou encore la pasteurisation ont sauvé des millions de vies humaines et animales. Chercheur passionné, pédagogue attentif et patriote ardent, il a su unir rigueur expérimentale et sens du bien commun.
Dans cette biographie, Gaston Sauvebois retrace le parcours d’un enfant jurassien devenu l’un des savants les plus influents du XIXe siècle. Des premiers tâtonnements de l’étudiant à l’École normale aux grands débats sur la génération spontanée, des expériences sur les vers à soie aux campagnes de vaccination, le récit suit pas à pas une œuvre scientifique qui a marqué durablement l’histoire.
Madame de Montespan – Grandeur et décadence d’une favorite
Au milieu d’un brouhaha d’aimables conversations, on attendait l’ouverture du nouveau ballet : Hercule amoureux, divertissement où le jeune roi devait se produire, ainsi qu’il le faisait chaque hiver, dans les ébats chorégraphiques où il excellait.
La brillante assemblée ne fut point déçue. Sous les costumes éblouissants de Mars et du Soleil, le monarque recueillit des applaudissements unanimes, en dansant « avec la grâce ordinaire inséparable de toutes ses actions », selon la formule des chroniqueurs du temps.
Parmi les filles de la meilleure noblesse qui figuraient dans l’une des entrées, sous les princiers atours de la famille impériale d’Autriche, on remarqua, à côté de Mlle de Rohan et de la duchesse de Sully, une ravissante blonde aux yeux bleus vifs et spirituels : Mlle de Tonnay-Charente, Françoise de Mortemart.
[…]
Celle qui attirait ainsi les regards, la future marquise de Montespan, entrait alors dans sa vingt-deuxième année.
À l’ombre des jeunes filles en fleurs – première partie
Dans l’attente inquiète d’un dîner, au détour d’une promenade ou sous la lumière changeante d’un salon, le narrateur découvre combien chaque geste, chaque parole, révèle un monde secret. Les visages familiers se transforment, les êtres aimés s’éloignent, et déjà se dessine l’inéluctable fragilité des passions. Entre la conversation d’un diplomate à l’esprit mesuré et les visites chez ceux qui furent jadis des figures admirées, s’installe le pressentiment de la perte et le charme douloureux d’une jeunesse qui s’efface au moment même où elle s’éveille.
À l’ombre des jeunes filles en fleurs – troisième partie
Revenu aux cercles de la vie mondaine, le narrateur y perçoit à la fois le ridicule des prétentions et l’éclat des amitiés véritables. Dans l’agitation des salons, les figures se dessinent et se dérobent, entre l’aristocrate généreux et l’ami trop empressé, entre les conversations qui s’enflent et les silences qui en disent davantage. Mais sous la comédie sociale affleure l’appel plus intime d’une jeunesse en quête de vérité : chaque rencontre devient une initiation, chaque voix un écho, et déjà se pressent que les désirs, les amitiés, les rêves n’ont pas encore livré toute leur profondeur.
Mademoiselle de La Vallière
Au cours de l’histoire de France, le peuple a maudit souvent les maîtresses royales dont les prodigalités ont coûté si cher.
Les censeurs ont flétri chez les favorites leur avidité personnelle, leur soif de places pour leurs créatures, leur empire funeste sur de faibles princes qu’elles ont asservis, amollis et avilis, ou leur intrusion néfaste dans les affaires de l’État.
Aucun de ces reproches ne peut être adressé à Louise de La Vallière. Demeurée simple et discrète, modeste et désintéressée, au milieu des honneurs qu’elle ne sollicita jamais, elle n’accepta la fortune que pour ses enfants, et son influence sur Louis XIV, uniquement dictée par une douce tendresse, ne le détourna jamais de ses devoirs de roi.
Les fêtes galantes qu’il inventa pour lui plaire commencèrent de porter au loin la renommée de cette Cour de France dont la magnificence et l’éclat allaient faire l’envie et l’admiration de toute l’Europe.
Si, du point de vue de la morale pure, on peut blâmer la chute rapide de cette sage jeune fille, jamais faute ne fut humainement plus excusable, jamais plus méritoire le renoncement au monde qui l’a suivie, jamais plus dure l’expiation qu’elle voulut elle-même de son péché.
Tendre et fidèle maîtresse dont le nom évoque la radieuse jeunesse d’un grand roi, touchante victime d’un unique amour et qui mourut au monde quand elle l’eut perdu, pieuse carmélite vouée à la plus rude pénitence, c’est sous ce triple aspect que l’attachante figure de Louise de La Vallière vivra dans la mémoire des hommes.
Histoire d’Édouard Manet et de son œuvre
C’est que l’œuvre de Manet ne doit pas seulement la place qu’elle prend à la valeur individuelle de son auteur, son importance s’accroît, comme comprise dans un grand mouvement de rénovation accompli, qui l’emporte avec lui. L’art français s’est en effet profondément transformé, dans la seconde moitié du XIXe siècle et en grande partie sous l’action de Manet. […] Manet, en 1863, avec Le Déjeuner sur l’herbe et, en 1865, avec Olympia, introduisait des êtres appartenant à la vie réelle, en opposition à l’art traditionnel. Manet était essentiellement un citadin, l’homme d’une culture raffinée et ce qu’il apportait était la peinture de la réalité, prise à l’ambiance parisienne. Il apportait surtout, comme élément de profonde transformation, une vision nouvelle, une manière audacieuse de juxtaposer les tons et les couleurs, dans leur éclat.
Charlotte Corday
Le XIXe siècle avait cessé de croire que de grandes volontés pussent modifier le cours de l’histoire. L’exemple de Napoléon aurait pourtant dû lui démontrer son erreur, mais on s’était justement habitué à voir dans ce cas la faillite d’une énergie prodigieuse et d’une volonté presque surhumaine, incapables de finalement changer le monde dans le court espace de temps que Dieu donne à chacun pour accomplir son destin.
Or, l’évolution contemporaine, et la plus récente, s’est chargée de prouver que la décision d’un seul ou de quelques-uns peut, au contraire, bouleverser l’univers, à la condition qu’ils incarnent dans une certaine mesure les directives du fatum.
C’est à la lumière de ces exemples nouveaux qu’il faut réviser le procès de Charlotte Corday et revivre sa passion.
Au lieu de voir dans son attentat un geste désespérément inutile et isolé, impuissant à changer le cours des événements, nous avons interprété son acte comme une incarnation du rêve de vertu et de justice qui est la meilleure idée-force de la Révolution française, qui veut, malgré tous les obstacles dressés sur sa route, édifier un monde plus pur pour des hommes plus purs et qui s’oppose à la violence inutilement destructrice et sanglante de Marat.
Cette interprétation n’est pas une vue de l’esprit. Elle seule nous a paru respecter la pensée de Charlotte, maintes fois exprimée, et les forces spirituelles qui armèrent son bras.
Thérèse Raquin
Dans l’arrière-boutique sombre d’une mercerie parisienne, Thérèse Raquin mène une existence morne aux côtés de son mari souffreteux et de sa belle-mère possessive. Mais tout bascule lorsqu’elle rencontre Laurent, un ami de la famille. Une passion dévorante naît, brutale, irrésistible. Ensemble, ils franchissent l’irréparable pour vivre leur amour au grand jour.
Mais le crime ne les libère pas : il les enchaîne. Rongés par la culpabilité, assaillis par la peur et la haine, Thérèse et Laurent sombrent dans une spirale tragique où le désir devient poison.
Publié en 1867, ce roman noir aux accents naturalistes explore les profondeurs de l’âme humaine. Zola y mêle avec une puissance saisissante le réalisme clinique et la fatalité du destin.
Un chef-d’œuvre implacable sur la passion, le remords et la destruction.
Gabrielle d’Estrées presque reine
Les rideaux de damas rouge relevés laissaient apercevoir Gabrielle, souriante et un peu intimidée, mais éblouissante dans une robe de satin noir, semée de broderies de jais, la jupe « toute huppée de blanc et chargée de tant de perles et de pierreries si reluisantes qu’elles offusquaient la lueur des flambeaux », au dire de L’Estoile. Tandis que, d’un regard d’envie, les femmes détaillaient avidement sa toilette, les hommes dévisageaient insolemment celle que les prédicateurs leur avaient dépeinte comme une créature impudique issue de l’enfer.
Mais à la voir si belle et si gracieuse, l’air si doux et si bon, les bonnes gens pensaient que son royal amant avait bien quelques excuses. Et puis, ne l’avait-elle pas rendu père d’un superbe garçon ? et il y avait cinquante ans qu’on n’avait vu roi de France donner cette preuve de virilité !
Paul Cézanne
Cézanne n’est pas plus fait pour être compris des multitudes que la fleur et le fruit pour remplir les fonctions des branches qui les soutiennent et du tronc qui les nourrit. Il déclarait que « l’artiste ne s’adresse qu’à un nombre excessivement restreint d’individus ». Et s’il est un symptôme social, il ne l’a ni désiré, ni su. Il n’avait rien d’un « primaire ». Il ne croyait pas que la raison fût à la fois le but et le moyen du monde. S’il y eut jamais un être en qui l’instinct commandait au raisonnement et forçait le raisonnement à organiser les révélations de l’instinct, c’est bien ce peintre formidable qui marchait en halluciné par la vie, se frayant un passage pénible dans l’amas des couleurs et des formes qui se pressaient autour de lui.
Nouvelles fantastiques ou réalistes
Guy de Maupassant, figure majeure de la littérature française, excelle dans l’art de la nouvelle, capturant en peu de mots la complexité de la condition humaine et des sentiments. Ce recueil rassemble quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes, souvent étudiées au collège, telles que La Parure, Le Papa de Simon, Aux Champs, Mademoiselle Cocotte, La Main d’écorché et Le Horla.
Ces récits, tantôt réalistes, tantôt fantastiques, explorent des thèmes universels comme la quête d’apparence, les liens familiaux, les inégalités sociales ou encore les mystères de l’esprit humain. Avec un style clair et précis, Maupassant plonge le lecteur dans des histoires captivantes, où chaque détail compte.
Gustave Courbet
La science livresque des doctes professeurs est généralement impuissante à expliquer l’œuvre d’art et à en faire apprécier les qualités essentielles.
Courbet apprit la grammaire de son art dans les Musées, mais c’est au contact de la Réalité qu’il put développer magistralement son style et affirmer son originalité. C’est parce qu’il s’évada des Musées au moment opportun que les morceaux capitaux de son œuvre tiennent bellement leur place au Louvre, à côté des chefs-d’œuvre des meilleurs artistes de son temps et de tous les temps.
La Reine Margot
Marguerite de Valois, fille d’Henri II et épouse d’Henri IV, est-elle vraiment la même personne que la reine Margot ? Si la première est une figure historique, la seconde relève plutôt du mythe. La littérature romantique, notamment Alexandre Dumas, l’a dépeinte comme une intrigante aux mœurs dépravées. En réalité, son véritable visage est bien différent. La reine Margot était l’une des femmes les plus cultivées et des plus « à la page » de son époque.
« Femme à la page, est-ce qu’elle ne l’était pas par excellence pour son temps, cette reine Margot, cultivée, spirituelle, audacieuse, fine diplomate, se plaisant à l’aventure et se moquant du qu’en dira-t-on, sensuelle et femme de lettres ? Et qui lira l’histoire de sa vie, de ses multiples aventures, pourra-t-il s’étonner qu’elle ait passionné l’auteur de la Chasse à l’homme ! » (extrait de la préface de Claude Gével)
Eugène Delacroix
Des peintres qui sont la gloire de l’art français, Delacroix est de ceux qui eurent le plus à subir les injures, les railleries des artistes, de la critique et du public. Contre lui se liguèrent les peintres sans talent, sans foi, sans amour […]. Contre lui se déchaînèrent les fureurs des critiques d’art qui, à quelques exceptions près, ont toujours fait preuve de pédantisme et d’ignorance. […]
Triste sort que celui des grands artistes ! Méconnus de leur vivant, il faut que le Temps passe sur leur œuvre, que plusieurs générations se succèdent, avant que la Renommée leur accorde la place à laquelle ils ont droit parmi leurs pairs.
Marie-Antoinette – partie 1
Marie-Antoinette n’était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d’héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie. Mais l’Histoire, ce démiurge, n’a nullement besoin d’un personnage central héroïque pour échafauder un drame émouvant.
[…] Avec un réalisme mélodramatique, cette tragédie met en présence les oppositions les plus violentes ; elle pousse Marie-Antoinette d’un palais impérial aux cent salons dans une misérable geôle, du carrosse doré sur la charrette du bourreau, du trône sur l’échafaud ; elle la jette du luxe dans l’indigence ; d’une femme jouissant de la faveur générale et partout acclamée, elle fait un objet de haine sur qui s’abat la calomnie ; bref elle l’entraîne toujours plus bas, sans pitié, jusqu’au suprême abîme. Et cet être petit et médiocre, soudainement assailli dans sa nonchalance, ce cœur étourdi ne comprend pas ce que lui veut cette force étrangère ; il sent seulement qu’une dure poigne le pétrit, qu’une griffe brûlante s’enfonce dans sa chair torturée ; inaccoutumé à la souffrance, la craignant, il ne se doute de rien, se débat, gémit, cherche à s’échapper. (S. Zweig)
Marie-Antoinette – partie 2
Marie-Antoinette n’était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d’héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie. Mais l’Histoire, ce démiurge, n’a nullement besoin d’un personnage central héroïque pour échafauder un drame émouvant.
[…] Avec un réalisme mélodramatique, cette tragédie met en présence les oppositions les plus violentes ; elle pousse Marie-Antoinette d’un palais impérial aux cent salons dans une misérable geôle, du carrosse doré sur la charrette du bourreau, du trône sur l’échafaud ; elle la jette du luxe dans l’indigence ; d’une femme jouissant de la faveur générale et partout acclamée, elle fait un objet de haine sur qui s’abat la calomnie ; bref elle l’entraîne toujours plus bas, sans pitié, jusqu’au suprême abîme. Et cet être petit et médiocre, soudainement assailli dans sa nonchalance, ce cœur étourdi ne comprend pas ce que lui veut cette force étrangère ; il sent seulement qu’une dure poigne le pétrit, qu’une griffe brûlante s’enfonce dans sa chair torturée ; inaccoutumé à la souffrance, la craignant, il ne se doute de rien, se débat, gémit, cherche à s’échapper. (S. Zweig)
Berthe Morisot
Derrière la simplicité de sa vie extérieure, derrière la banalité des agitations de sa vie mondaine qu’illuminèrent à la vérité le charme d’une grâce féminine exquise et le sourire d’une constante bonté auquel vint s’ajouter celui d’une tendresse maternelle très profonde, se cache une admirable vie d’artiste : sa vie intérieure, sa vraie vie, celle que révèlent ses œuvres qui furent ses confidentes de chaque jour et qui, à travers leur multiplicité et leur diversité, montrent que, depuis l’enfance jusqu’à la mort, elle est toujours demeurée elle-même dans son art, ce qui ne l’a pas empêchée d’enrichir peu à peu sa palette et de perfectionner et élargir son métier à mesure que se développait sa sensibilité, que s’affinait sa vision et que s’assouplissait sa main.
Émile Zola
Avant de se pacifier dans l’immortalité, la destinée d’Émile Zola aura été étrangement tourmentée. Comme tous les hommes de génie – surtout les hommes d’un génie rude, tenace et humain, – Zola a créé, toujours, autour de lui, de la tempête. Il n’est pas étonnant que la bourrasque souffle encore.
« Son œuvre fut décriée, injuriée, maudite, parce qu’elle était belle et nue, parce qu’au mensonge poétique et religieux elle opposait l’éclatante, saine, forte vérité de la vie, et les réalités fécondes, constructives de la science et de la raison. » (Octave Mirbeau)
Suivi de J’accuse… ! article rédigé par Émile Zola, publié dans L’Aurore du 13 janvier 1898
Gustave Courbet
La science livresque des doctes professeurs est généralement impuissante à expliquer l’œuvre d’art et à en faire apprécier les qualités essentielles.
Courbet apprit la grammaire de son art dans les Musées, mais c’est au contact de la Réalité qu’il put développer magistralement son style et affirmer son originalité. C’est parce qu’il s’évada des Musées au moment opportun que les morceaux capitaux de son œuvre tiennent bellement leur place au Louvre, à côté des chefs-d’œuvre des meilleurs artistes de son temps et de tous les temps.
Chopin ou le poète
De Chopin, presque rien ne subsiste. Sa nature le préservait des vaines expériences et le destin a voulu en outre qu’un grand nombre de ses lettres et de ses reliques fussent brûlées dans une maison varsovienne qu’habitait sa sœur en 1863. […] Au demeurant, sa vie fut toujours si simple et si logique, qu’un peu de commentaire est nécessaire pour l’entendre, comme sur une note une appogiature la fait mieux valoir. Deux ou trois voyages exceptés, le monde extérieur a fort peu pénétré cette imagination tournée toute vers le dedans. Sa poésie est ce qu’il ajoute de possible et de chantant aux déceptions de ses journées.
Assez mal servi en amour, en amitié, en tout ce qui exige de l’aveuglement ou un excès de pédale, ce souffreteux lucide ne s’est regardé que dans un seul miroir : l’ébène de son piano.
George Sand
George Sand est l’une des femmes écrivains majeures du XIXe siècle. Son œuvre compte quatre-vingt-dix romans, des contes, des pièces de théâtre, de nombreux articles politiques, ainsi que des Mémoires et une abondante correspondance. Reconnue par des écrivains de renom de son époque tels qu’Honoré de Balzac et Gustave Flaubert, elle s’illustre dans une variété de genres, du roman socialiste au roman champêtre.
Son mode de vie non conventionnel, la liberté de ses mœurs et son caractère indépendant ont souvent suscité la désapprobation de ses contemporains. Son nom a longtemps été associé à ses relations amoureuses, d’abord avec l’écrivain Alfred de Musset, puis avec le compositeur Frédéric Chopin…
Camille Pissarro
Pissarro restera l’ouvrier des premières heures qui consacra pieusement sa vie à l’élaboration d’un art universel et complet dont toutes les expressions sont humaines et naturelles. Il aura posé un des premiers jalons de l’esthétique future par laquelle les artistes de l’avenir s’émanciperont vers la lumière, source de toute vie et de toute beauté. La rêverie ensoleillée de son œuvre immense charmera pour longtemps les délicats et les sincères, et les peintres eux-mêmes sauront y retrouver les marques d’un génie modeste, dont s’enorgueillira plus tard la France, quand elle mettra le souci de ses gloires artistiques au-dessus des cabotinages.
Alexandre Dumas
« Monsieur, écrivait un jour Michelet à Dumas, je vous aime et je vous admire, parce que vous êtes une des forces de la nature. » – Ce mot, dont Dumas tirait justement vanité, résume l’homme. Dumas fut, avant tout, un créateur. Il eût mieux fait, sans doute, en produisant moins, en visant la gloire avant la fortune, en ciselant enfin au lieu d’improviser; mais, ces erreurs déduites, il reste l’artisan d’une œuvre en partie écroulée, en partie debout qui, comme un monument ouvert aux quatre vents du ciel, sera toujours plein de bruit, de clarté, de vie exubérante.
Inventeur et prodigue, Dumas conserve, au respect des intellectuels et à la sympathie des foules, les mêmes droits imprescriptibles, car son génie fut fait de grandeur vraie et de suprême bonté.
Marie-Antoinette dauphine
Mai 1770, Marie-Antoinette vient d’arriver en France. Mariée par procuration, selon l’usage, à l’héritier de la couronne de France, elle a quitté l’Autriche pour toujours, sa famille, ses amis, ses repères. Elle est attendue… Sur ses jeunes épaules pèsent des enjeux politiques qui la dépassent, immédiatement elle doit survivre aux féroces intrigues de la cours de Versailles. Sa force de caractère va l’aider, mais aussi la desservir. Déjà, derrière les premiers combats de la dauphine, se dessine le destin tragique de la dernière reine de France.
