Madame de Montespan – Grandeur et décadence d’une favorite
Au milieu d’un brouhaha d’aimables conversations, on attendait l’ouverture du nouveau ballet : Hercule amoureux, divertissement où le jeune roi devait se produire, ainsi qu’il le faisait chaque hiver, dans les ébats chorégraphiques où il excellait.
La brillante assemblée ne fut point déçue. Sous les costumes éblouissants de Mars et du Soleil, le monarque recueillit des applaudissements unanimes, en dansant « avec la grâce ordinaire inséparable de toutes ses actions », selon la formule des chroniqueurs du temps.
Parmi les filles de la meilleure noblesse qui figuraient dans l’une des entrées, sous les princiers atours de la famille impériale d’Autriche, on remarqua, à côté de Mlle de Rohan et de la duchesse de Sully, une ravissante blonde aux yeux bleus vifs et spirituels : Mlle de Tonnay-Charente, Françoise de Mortemart.
[…]
Celle qui attirait ainsi les regards, la future marquise de Montespan, entrait alors dans sa vingt-deuxième année.
Mademoiselle de La Vallière
Au cours de l’histoire de France, le peuple a maudit souvent les maîtresses royales dont les prodigalités ont coûté si cher.
Les censeurs ont flétri chez les favorites leur avidité personnelle, leur soif de places pour leurs créatures, leur empire funeste sur de faibles princes qu’elles ont asservis, amollis et avilis, ou leur intrusion néfaste dans les affaires de l’État.
Aucun de ces reproches ne peut être adressé à Louise de La Vallière. Demeurée simple et discrète, modeste et désintéressée, au milieu des honneurs qu’elle ne sollicita jamais, elle n’accepta la fortune que pour ses enfants, et son influence sur Louis XIV, uniquement dictée par une douce tendresse, ne le détourna jamais de ses devoirs de roi.
Les fêtes galantes qu’il inventa pour lui plaire commencèrent de porter au loin la renommée de cette Cour de France dont la magnificence et l’éclat allaient faire l’envie et l’admiration de toute l’Europe.
Si, du point de vue de la morale pure, on peut blâmer la chute rapide de cette sage jeune fille, jamais faute ne fut humainement plus excusable, jamais plus méritoire le renoncement au monde qui l’a suivie, jamais plus dure l’expiation qu’elle voulut elle-même de son péché.
Tendre et fidèle maîtresse dont le nom évoque la radieuse jeunesse d’un grand roi, touchante victime d’un unique amour et qui mourut au monde quand elle l’eut perdu, pieuse carmélite vouée à la plus rude pénitence, c’est sous ce triple aspect que l’attachante figure de Louise de La Vallière vivra dans la mémoire des hommes.
Marie-Antoinette – partie 1
Marie-Antoinette n’était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d’héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie. Mais l’Histoire, ce démiurge, n’a nullement besoin d’un personnage central héroïque pour échafauder un drame émouvant.
[…] Avec un réalisme mélodramatique, cette tragédie met en présence les oppositions les plus violentes ; elle pousse Marie-Antoinette d’un palais impérial aux cent salons dans une misérable geôle, du carrosse doré sur la charrette du bourreau, du trône sur l’échafaud ; elle la jette du luxe dans l’indigence ; d’une femme jouissant de la faveur générale et partout acclamée, elle fait un objet de haine sur qui s’abat la calomnie ; bref elle l’entraîne toujours plus bas, sans pitié, jusqu’au suprême abîme. Et cet être petit et médiocre, soudainement assailli dans sa nonchalance, ce cœur étourdi ne comprend pas ce que lui veut cette force étrangère ; il sent seulement qu’une dure poigne le pétrit, qu’une griffe brûlante s’enfonce dans sa chair torturée ; inaccoutumé à la souffrance, la craignant, il ne se doute de rien, se débat, gémit, cherche à s’échapper. (S. Zweig)
Marie-Antoinette – partie 2
Marie-Antoinette n’était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d’hier, d’aujourd’hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d’héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie. Mais l’Histoire, ce démiurge, n’a nullement besoin d’un personnage central héroïque pour échafauder un drame émouvant.
[…] Avec un réalisme mélodramatique, cette tragédie met en présence les oppositions les plus violentes ; elle pousse Marie-Antoinette d’un palais impérial aux cent salons dans une misérable geôle, du carrosse doré sur la charrette du bourreau, du trône sur l’échafaud ; elle la jette du luxe dans l’indigence ; d’une femme jouissant de la faveur générale et partout acclamée, elle fait un objet de haine sur qui s’abat la calomnie ; bref elle l’entraîne toujours plus bas, sans pitié, jusqu’au suprême abîme. Et cet être petit et médiocre, soudainement assailli dans sa nonchalance, ce cœur étourdi ne comprend pas ce que lui veut cette force étrangère ; il sent seulement qu’une dure poigne le pétrit, qu’une griffe brûlante s’enfonce dans sa chair torturée ; inaccoutumé à la souffrance, la craignant, il ne se doute de rien, se débat, gémit, cherche à s’échapper. (S. Zweig)
Marie-Antoinette dauphine
Mai 1770, Marie-Antoinette vient d’arriver en France. Mariée par procuration, selon l’usage, à l’héritier de la couronne de France, elle a quitté l’Autriche pour toujours, sa famille, ses amis, ses repères. Elle est attendue… Sur ses jeunes épaules pèsent des enjeux politiques qui la dépassent, immédiatement elle doit survivre aux féroces intrigues de la cours de Versailles. Sa force de caractère va l’aider, mais aussi la desservir. Déjà, derrière les premiers combats de la dauphine, se dessine le destin tragique de la dernière reine de France.
La reine Marie-Antoinette
La vie de la reine Marie-Antoinette s’apparente à une tragédie antique, c’est la vie d’une reine mais aussi la vie d’une femme. Pierre de Nolhac tisse une toile où se dessinent les événements majeurs de celle qui fut Reine de France juste avant la Révolution française. Au milieu d’une famille royale hostile et une cour trop intéressée par les privilèges accordés, l’auteur nous fait comprendre comment, adulée et aimée au début de son règne, Marie-Antoinette meurt dix-huit ans après sur l’échafaud un jour d’octobre 1793. Un portrait de Marie-Antoinette très réaliste et très touchant.
