Vers Ispahan
En avril 1900, revenant d’Inde, Pierre Loti entreprend un périple à travers la Perse, de Chiraz à Ispahan. Chevauchant sur les plateaux arides et à travers les oasis endormies, il découvre l’ancienne capitale des Safavides.
De loin, il est saisi par l’éclat des coupoles et minarets d’émail bleu, surgissant comme un mirage. Mais à mesure qu’il approche, l’illusion se dissipe.
À l’intérieur, la splendeur apparente masque l’usure : les mosaïques se détachent, les façades semblent rongées par une « lèpre grise », et la vie elle-même paraît s’être retirée depuis des siècles. Pour Loti, Ispahan demeure une place unique au monde, fascinante dans sa beauté déchue.
Vers Ispahan est à la fois un carnet de route et un poème en prose, où l’auteur mêle émerveillement et mélancolie devant un Orient qui se défait.
La Galilée
J’ai parcouru la triste Galilée au printemps, et l’ai trouvée muette sous un immense linceul de fleurs. Les ondées d’avril y tombaient encore, et elle n’était qu’un désert d’herbages, un monde de graminées légères, prenant vie nouvelle au chant d’innombrables oiseaux. Les grands souvenirs, les débris, les ossements semblaient plus profondément y sommeiller, sous ce silencieux renouveau des plantes, – et j’ai voulu, dans mon récit, les remuer à peine. Aux approches de Nazareth et de la mer de Thibériade, le fantôme ineffable du Christ deux ou trois fois s’est montré, errant, presque insaisissable, sur le tapis infini des lins roses et des pâles marguerites jaunes, – et je l’ai laissé fuir, entre mes mots trop lourds…
Jérusalem
Jérusalem ! Ceux qui ont passé avant moi sur la terre en ont déjà écrit bien des livres, profonds ou magnifiques. Mais je veux simplement essayer de noter les aspects actuels de sa désolation et de ses ruines ; dire quel est, à notre époque transitoire, le degré d’effacement de sa grande ombre sainte, qu’une génération très prochaine ne verra même plus…
[…] Vraiment, mon livre ne pourra être lu et supporté que par ceux qui se meurent d’avoir possédé et perdu l’Espérance Unique ; par ceux qui, à jamais incroyants comme moi, viendraient encore au Saint-Sépulcre avec un cœur plein de prière, des yeux pleins de larmes, et qui, pour un peu, s’y traîneraient à deux genoux…
Le Désert
Où sont mes frères de rêve, ceux qui jadis ont bien voulu me suivre aux champs d’asphodèles du Moghreb sombre, aux plaines du Maroc ?… Que ceux-là, mais ceux-là seuls, viennent avec moi en Arabie Pétrée, dans le profond désert sonore.
Et que, par avance, ils sachent bien qu’il n’y aura dans ce livre ni terribles aventures, ni chasses extraordinaires, ni découvertes, ni dangers ; non, rien que la fantaisie d’une lente promenade, au pas des chameaux berceurs, dans l’infini du désert rose…
Puis, au bout de la route longue, troublée de mirages, Jérusalem apparaîtra, ou du moins sa grande ombre, et alors peut-être, ô mes frères de rêve, de doute et d’angoisse, nous prosternerons-nous ensemble, là, dans la poussière, devant d’ineffables fantômes.
VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS – PREMIÈRE PARTIE
Le professeur Pierre Aronnax du Muséum de Paris, son fidèle domestique Conseil et le harponneur Ned Land, étaient à bord de la frégate américaine l’Abraham-Lincoln, à la recherche d’un fantastique monstre marin. Cependant, le prétendu monstre s’avère être un remarquable sous-marin nommé le Nautilus, créé et dirigé par un personnage mystérieux, le capitaine Nemo. Ce dernier semble nourrir une hostilité farouche envers l’ensemble de l’humanité. Les trois hommes se trouvent emprisonnés à bord du Nautilus, condamnés à ne plus jamais revoir leur pays, leurs proches ou leurs amis. La plus extraordinaire aventure commence pourtant pour eux…
LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS
Le 2 octobre 1872, en pleine partie de whist, Phileas Fogg, un excentrique gentleman anglais, lance un défi audacieux aux membres de son club : il parie la moitié de sa fortune qu’il peut accomplir un tour du monde en quatre-vingts jours. Il devra être revenu à Londres, pour gagner, le samedi 21 décembre 1872 à 20 heures 45 minutes ! Le soir même, accompagné de son tout nouveau domestique français nommé Passepartout, il se lance dans cette aventure improbable. Tout au long du périple, ce duo détonant doit affronter les nombreux obstacles semés sur leur chemin, tout en se méfiant des pièges habilement tendus par l’inspecteur Fix, convaincu que Fogg est le cerveau derrière le cambriolage de la Banque d’Angleterre…
Madame Vigée-Le Brun
« Les femmes régnaient alors ; la Révolution les a détrônées. » Le mot est de Madame Vigée-Le Brun, une de celles dont l’empire fut le plus incontesté et le plus doux. Elle l’exerça dans le monde, qui ne lui refusa aucun succès, et dans les arts, où la complaisance de la postérité lui a laissé le sceptre fleuri que ses contemporains lui décernèrent. Elle n’appartient pas à la lignée des grands peintres, cette jolie Parisienne qui fut au service des reines frivoles, des beautés de cour ou de comédie ; mais elle a son rang parmi les maîtres du portrait, car elle porte un exact témoignage sur son époque.
Madame Vigée-Le Brun
« Les femmes régnaient alors ; la Révolution les a détrônées. » Le mot est de Madame Vigée-Le Brun, une de celles dont l’empire fut le plus incontesté et le plus doux. Elle l’exerça dans le monde, qui ne lui refusa aucun succès, et dans les arts, où la complaisance de la postérité lui a laissé le sceptre fleuri que ses contemporains lui décernèrent. Elle n’appartient pas à la lignée des grands peintres, cette jolie Parisienne qui fut au service des reines frivoles, des beautés de cour ou de comédie ; mais elle a son rang parmi les maîtres du portrait, car elle porte un exact témoignage sur son époque.
